La France est le mauvais élève de l’Europe en matière d’équipement IRM avec le plus faible taux d’appareils par million d’habitants. Cette situation, révélée par l’enquête 2009 de l’association Imagerie Santé Avenir, est d’autant plus préoccupante que les besoins vont croissant du fait du développement des indications et du vieillissement de la population. Selon le Syndicat national de l’industrie des technologies médicales (SNITEM), le pays compte 495 appareils et a ralenti cette année la progression de ces installations (32 nouveaux appareils en 2009 contre 44 en 2008). La situation est encore plus préoccupante si l’on regarde la répartition régionale des machines qui fait apparaître des disparités criantes. Selon le rapport du Pr Pierre Grünfeld – rapport remis en février dernier au président de la République dans le cadre des recommandations sur le plan Cancer 2009-2013 – il faudrait 10 à 15 IRM par million d’habitants d’ici 2013.
Actuellement, la moyenne nationale est de 8 machines. Deux régions, la Franche-Comté et l’Ile-de-France, comptent 10 IRM par million d’habitants, alors que les Pays de Loire et la Bretagne en ont respectivement 5,35 et 5,95. La conséquence en est, bien évidemment, un délai d’attente très différent suivant les régions, pouvant atteindre 64,7 jours en Alsace contre 23,8 en Ile-de-France, la moyenne nationale étant de 34,5 jours. Ce manque d’équipement pourrait s’avérer catastrophique dans la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux qui touchent environ 150 000 Français chaque année.
Une analyse réalisée par l’ESSEC Santé et spécialement consacrée à cette pathologie préconise que chaque établissement possède une IRM dédiée aux urgences, ce qui n’est actuellement le cas que pour le seul CHRU de Lille.