Les joueurs de tennis n’ont pas les épaules qu’il faut !

tennisLa fréquence des lésions tendineuses de l’épaule est telle chez les joueurs de tennis qu’ils devraient systématiquement travailler les mouvements de rotation interne de l’articulation glénohumérale pour prévenir ces lésions, conclut une équipe brésilienne après avoir comparé l’amplitude des mouvements de rotation chez des tennismen, des nageurs et un groupe contrôle, tous asymptomatiques.

Pratiquement, ce sont 54 volontaires qui se sont pliés au jeu de l’évaluation de l’amplitude des mouvements de rotation interne et externe des deux articulations glénohumérales. Les auteurs ont ensuite comparé les données de l’articulation dominante à celle de l’articulation non-dominante, pour constater chez les tennismen un déficit de 23,9° ± 8,4° (p<,001) pour l'articulation dominante contre un déficit de 12° ± 6,8° (p<0.001) chez les nageurs et de 4,9° ± 7,4° (p=0.035) dans le groupe contrôle. L'amplitude externe a également été mesurée chez tous, et elle est loin de compenser ce déficit. Ce qui semble logique car la biomécanique normale de l'épaule requiert, lors du mouvement de l'armé du bras, une chaîne cinétique intacte pour générer l'énergie, créer les forces et stabiliser l'articulation afin de réduire les risques de blessures et permettre une performance optimale. Le joueur de tennis qui réalise ce mouvement de manière répétée sollicite anormalement son épaule jouant un rôle clé dans le mouvement. Cependant, au fur et à mesure des années de pratique, des adaptations anatomiques en termes de force et de souplesse apparaissent. L'épaule dominante développe un arc de mouvement altéré se traduisant par une augmentation de l'amplitude en rotation externe et une diminution en rotation interne par rapport au côté non dominant. La partie antérieure de la capsule est étirée alors que la partie postérieure perd son extensibilité. Ce déficit augmente la translation antérieure de la tête humérale prédisposant au conflit sous-acromial. Quant aux nageurs, leur schéma d'entraînement augmente la différence naturelle entre bras dominant et non-dominant.

Les auteurs estiment également que la musculation intensive que font ces deux groupes d'athlètes a une conséquence délétère, cette musculation étant (spontanément) significativement plus développée sur le bras dominant chez le tennisman.

Torres R, Ellera Gomez J. Measurement of Glenohumeral Internal Rotation in Asymptomatic Tennis Players and Swimmers. Am J Sports Med 2009 ; 37(5): 1017-23

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