Interviewé par Paris Match, le Pr Thierry Poynard, chef de service d’hépato-gastro-entérologie à la Pitié-Salpêtrière, a vanté les bénéfices d’un test sanguin de détection des éventuels troubles hépatiques générés par le diabète. Ces complications (une fibrose ou une cirrhose) sont généralement sournoises puisque les signes cliniques n’apparaissent qu’à un stade avancé, se manifestant alors par des vomissements de sang, une jaunisse ou une ascite. Jusqu’ici pour diagnostiquer les problèmes hépatiques, « on réalisait une échographie du foie ou un examen de sang destiné à évaluer le taux de certaines enzymes (transaminases et gamma GT). Mais ces examens étaient très peu sensibles et produisaient de nombreux faux négatifs. Plus de 50 % des cirrhoses du foie n’étaient pas dépistées ! ». Le nouveau test, baptisé Fibrotest, consiste désormais en une simple analyse sanguine au cours de laquelle sont dosés cinq marqueurs circulant dans le sang, modifiés en cas de cirrhose ou de fibrose du foie : trois protéines (l’alpha 2-macroglobuline, l’apolipoprotéine A1 et l’haptoglobine), une enzyme (la gamma GT) et un colorant (la bilirubine). Le test permet de conclure à l’absence de lésion, à l’existence d’une lésion modérée ou à une fibrose sévère. Une étude menée dans le service de diabétologie de la Pitié-Salpêtrière auprès de 1 131 patients diabétiques ne présentant aucun symptôme au niveau du foie a montré l’efficacité de ce test, jugé fiable à 95 %. Pendant deux ans, il a permis de d’identifier parmi ces patients 63 personnes atteintes d’une fibrose avancée (dont 5 cas de cirrhose et 4 cancers du foie) et de les traiter à temps.
Source Paris Match