Dans son analyse des conséquences chez l’enfant de la vue d’images violentes à la télévision lors des journaux d’informations ou dans les oeuvres de fiction, cette étude néerlandaise distingue les réactions immédiates de peur des réactions retardées d’inquiétude et d’angoisse. Les premières sont des réactions non cognitives ne mettant pas en jeu le néocortex, les secondes représentent des menaces pour la santé et le bien-être des enfants. Ces réactions ont beaucoup de similitudes avec les conséquences psychologiques des évènements de la vie réelle. Les recherches antérieures suggèrent que l’exposition répétée à des émissions de contenu violent conduit à une désensibilisation et à une diminution progressive des réactions.
L’étude a porté sur 572 enfants, dont 47 % de garçons et 53 % de filles, classés en deux tranches d’âge, la plus jeune d’en moyenne 9 ans et 4 mois, la plus âgée de 11 ans et 4 mois. L’interrogatoire s’est enquis en premier lieu du temps passé devant la télévision. Les enfants qui regardent la télévision une ou quelques fois par semaine, moins d’une heure, ont été classés « spectateurs légers » (11,7 %) ; ceux qui regardent tous les jours durant une à deux heures et demi, « spectateurs modérés » (61,5 %), la qualification de « spectateurs lourds » étant réservée à ceux qui passent tous les jours plus de deux heures et demie devant la télévision (26,7 %). Plus de 88 % étaient des spectateurs quotidiens.
La distinction entre réactions de peur et réactions retardées a été faite grâce à deux images d’enfants, l’une suggérant la peur, la seconde l’inquiétude, en expliquant ces réactions à l’aide d’exemples concrets. Enfin, il a été décrit aux enfants 8 situations menaçantes (meurtres, guerre, feux etc.). Pour chacune d’entre elles, ils devaient répondre dans quelle mesure ils étaient effrayés et inquiets (à peine, un peu, beaucoup ou vraiment beaucoup).
Les tests statistiques ont montré la bonne corrélation entre les réactions aux 8 situations menaçantes entre elles et entre les réactions immédiates de peur et les réactions retardées. Cependant les tests ont permis de distinguer ces deux types de réaction. Dans l’ensemble, les enfants ont plus fréquemment des réactions d’inquiétude que de peur directe. Les scènes de violence induisent davantage de peur et d’inquiétude quand il s’agit d’informations sur l’actualité que lorsqu’elles se situent dans des oeuvres de fiction. Les plus jeunes enfants manifestent autant de peur que d’inquiétude, les plus âgés plus d’inquiétude. Les filles ont plus fréquemment les deux types de réaction que les garçons. Enfin les spectateurs assidus ont moins de réactions de peur et d’inquiétude que les spectateurs occasionnels.
En conclusion, cette étude montre l’importance de distinguer entre les réactions de peur immédiate et les réactions cognitives d’inquiétude et d’autre part d’inclure les réactions aux nouvelles violentes dans les évaluations de l’impact de la violence à la télévision.