Café et cancer du sein

La caféine, en tant que base xanthique, exerce des effets pharmacologiques bien connus, tout au moins pour ce qui est du court terme. Elle est également soupçonnée d’autres effets néfastes à long terme, mais sa culpabilité a rarement été démontrée, quelle que soit la maladie chronique étudiée.

Une vaste étude de cohorte prospective a recherché une relation entre la consommation de caféine et le risque de cancer du sein. L’effectif se compose de 384 382 femmes, âgées d’au moins 45 ans, qui participaient à un programme de prévention du cancer mammaire. L’inclusion a été réalisée entre 1992 et 1995. Des informations détaillées sur les habitudes alimentaires ont été recueillies à ce moment. Au terme d’un suivi d’une durée moyenne de 10 ans, ont été identifiés 1 118 cas de cancer invasif du sein. Aucune association statistiquement significative n’a été mise en évidence entre, d’une part, la consommation de caféine ou de boissons riches en caféine, d’autre part, le risque global de cancer du sein.

Une analyse multivariée a permis d’évaluer le risque relatif (RR) correspondant à 1,02, la comparaison étant faite entre la consommation de caféine, décomposée en quintiles (supérieur versus inférieur. Ce RR a été estimé à 1,08 en cas de consommation >= 4 tasses de café (vs absence de consommation).

Néanmoins, en cas de lésion mammaire bénigne, une association positive, quoique marginale, a été mise en évidence entre le risque de cancer du sein et la consommation de caféine avec un RR de 1,32 dans la comparaison quintile supérieur vs inférieur et un RR de 1,35 en cas de consommation élevée >= 4 tasses/jour. Une consommation élevée d’au moins 4 tasses par jour a été également associée avec le risque de cancer du sein sans récepteurs aux estrogènes ou à la progestérone, le RR étant alors de 1,68 et une tumeur de plus de 2 cm (RR=1,79).

Ces données prospectives plaident en faveur de l’absence d’association significative entre le RR global de cancer du sein et la consommation de caféine. Les associations mises en évidence au sein de sous-groupes (absence de récepteurs hormonaux ou taille > 2 cm) restent hypothétiques. Elles doivent être objectivées par d’autres études prospectives.

Ishitani K et coll. : Caffeine Consumption and the Risk of Breast Cancer in a Large Prospective Cohort of Women. Arch Intern Med. 2008;168:2022-2031.

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