« VIH », « SIDA », « prévalence » et « incidence », de quoi parle-t-on ?

Il est important tout d’abord de distinguer la séropositivité au VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine) du SIDA (Syndrome d’Immuno Déficience Acquise).
La séropositivité au VIH témoigne d’une infection par le virus du VIH qui peut être asymptomatique ou entraîner des symptômes ne témoignant pas d’une forme avancée de la maladie. Lorsque la maladie atteint un stade défini par certaines complications et/ou par des paramètres biologiques précis (lymphocyte CD4+<200/µl), on parle alors de SIDA. En France 100 000 à 170 000 personnes seraient séropositives et près de 27 000 seraient atteintes de SIDA. Le nombre de nouveaux cas de séropositivité en 2006 était d'environ 6 300. Bien que l'incidence (nombre de nouveaux cas) de la séropositivité soit relativement constante, le nombre de personnes vivant avec le VIH (prévalence) est en croissance du fait de l'augmentation de la durée de vie des personnes infectées.
Le premier cas de SIDA a été diagnostiqué en France en 1978. Au début des années 90, le taux de mortalité par SIDA a atteint un pic. Plus de 4000 décès ont été recensés en 1995 (source INVS). La généralisation de la trithérapie (utilisation de combinaisons de trois antirétroviraux) au cours du deuxième semestre 1996 a spectaculairement amélioré le pronostic de la maladie. Le nombre de morts a été ramené à 1120 en 1997 et le nombre de cas de SIDA a diminué de 43 % entre 1996 et 1997.
Cette amélioration se poursuit depuis à un rythme plus lent ; néanmoins, la survie des sujets atteints de SIDA a considérablement augmenté. Avant 1994, la médiane de survie était de 17 mois après un diagnostic de SIDA. Entre 1994 et 1996 elle est passée à 32 mois. Aujourd’hui, les trois quarts des personnes sont vivantes 5 ans après le diagnostic, et le risque de décès continue à diminuer. Mais pour être optimale, et permettre de maintenir une charge virale basse, la prise en charge par trithérapie nécessite un diagnostic précoce de la séropositivité. L’étude des bases de données hospitalières a montré que les patients pris en charge au stade SIDA avaient un risque de décès augmenté (jusqu’à 12 fois supérieur dans les 6 premiers mois suivants la prise en charge). Cette constatation fait du dépistage précoce de la séropositivité un enjeu majeur, d’autant plus que les résistances aux trithérapies sont en expansion inquiétante.