Journée mondiale de lutte contre le Sida

De nombreux hôpitaux vont, cette année encore, organiser ce 1er décembre des conférences et séances d’information ouvertes à tous, des offres de dépistage sur place ou externalisé et même, parfois, envoyer leurs médecins les plus motivés à la rencontre des plus jeunes dans leurs écoles ou sur leurs stades. Une manifestation qui permettra de rappeler qu’environ 120 000 personnes vivent en France avec le VIH et que 6 000 nouveaux cas de séropositivité sont découverts chaque année -ce qui signifie que de nombreux séropositifs restent ignorants de leur statut, même si le nombre a diminué en valeur absolue entre 2004 et 2007- et aussi que, malheureusement, 30 000 personnes ont atteint le stade symptomatique de l’infection. On connaît assez bien, aujourd’hui, le profil épidémiologique de l’infection à VIH chez nous, et on sait par exemple que 59 % des patients ont été contaminés lors de contacts hétérosexuels, 38 % lors de rapports homosexuels (HSH, hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes), et 2 % par usage de drogues injectables; ou aussi que 40 % des nouvelles découvertes de séropositivité concernent des étrangers… Mais on sait aussi, et peut être surtout, que 20 % des HSH concernés méconnaissent leur séropositivité et que 20 % évoquent un statut contraire à l’interrogatoire…

Qu’en est -il au niveau européen ? Eurosurveillance, dans son dernier numéro, rappelle que l’infection à VIH reste un problème majeur de santé publique partout, avec des taux de transmission encore et toujours croissants dans plusieurs pays de la région. En 2008, 25 656 nouveaux cas ont été rapportés par 27/30 pays de l’UE/ EEA, avec les chiffres les plus élevés pour l’Estonie (406/million ; 545 cas), la Lituanie (158 ; 358) et le Royaume Uni (119 ; 7 298), alors que le Portugal, la Belgique, le Luxembourg ou l’Italie enregistraient des taux voisins de 100/million. Aucune information pour l’Autriche, le Danemark et le Liechtenstein. Le mode majeur de transmission était sexuel (HSH 40 %, contacts hétérosexuels 29 %) quand les patients originaires de zones hyperendémiques (19 % de l’ensemble des diagnostics) étaient exclus. Les drogues injectables comptaient pour 6 % des cas. Pour les 23 pays déclarant depuis 2000, on remarquait un accroissement global de 42/million en 2000 (13 265 cas) à 56/ million en 2008 (18 019 cas), avec des doublements pour la Bulgarie, la Tchéquie, la Hongrie, la Hollande, la Slovaquie et la Slovénie.

On espère, bien sûr, que cette meilleure connaissance de l’épidémiologie de l’infection à VIH/ Sida se traduira par des stratégies de prévention et de dépistage encore plus efficaces. Il reste évident, en particulier en France, qu’un grand nombre de personnes vivent avec le VIH sans jamais avoir eu recours au moindre test de dépistage. On connaît les groupes à risque, on dispose des outils et moyens à mettre en oeuvre. Des directions toutes indiquées pour les actions à mener ce 1er décembre et ensuite.

Source: Van de Laar MJW et coll. : HIV and AIDS in the European union, 2008. Eurosurveillance 2009; 14 (47): pii=19422

Santé publique

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